Les travailleurs sociaux, souvent réticents face aux usages numériques, doivent désormais intégrer ces outils dans leur pratique pour rester en phase avec les publics qu’ils accompagnent. Cependant, l’adoption du numérique par ces professionnels est encore marquée par des expérimentations informelles, souvent perçues comme suspectes ou maladroites. Pour certains, comme l’ex-éducatrice Morgane Quilliou-Rioual, l’absence de soutien institutionnel conduit à des pratiques non encadrées et parfois clandestines. D’autres, comme le formateur Pierre Khattou, voient dans les réseaux sociaux une extension nécessaire de leur travail, soulignant la porosité entre le présentiel et le virtuel. Des initiatives comme celles de l’association Apsis-Emergence montrent l’importance de s’adapter aux espaces virtuels pour toucher des publics invisibles, tandis que des structures comme l’Amicale du Nid utilisent les réseaux pour fournir un accompagnement discret et accessible. Malgré le manque de formation institutionnelle, des professionnels innovent pour intégrer le numérique dans leur travail quotidien, allant de la sensibilisation aux usages responsables des réseaux sociaux à la médiation numérique avec des jeunes. L’adoption de ces pratiques reste hétérogène, dépendant souvent des motivations individuelles, mais elle est cruciale pour maintenir le lien avec les publics et répondre aux dynamiques de médiatisation et de médiation en cours.
Il n’y a pas de recette magique. Il faut communiquer avec les publics et entre professionnels sur les usages. Faire un pas de côté et analyser ce qui se joue.